Pourquoi être sur le terrain? 7ème partie – Démonstration (Suite)

By | 14th November 2017

Nous avons déjà mentionné le besoin que la plupart d’entre nous avons d’apprendre avec une aide visuelle, et plus encore avec une démonstration.

Beaucoup de gens ne peuvent apprendre avec un livre ou des instructions écrites. Nous avons souvent besoin/envie d’aides visuelles. Pensez à l’essor des instructions avec photos étape par étape sur Internet, ou encore au nombre toujours croissant de tutoriels vidéo sur Youtube. Mais même avec des images ou des vidéos sur Internet, certains ont besoin d’une démonstration “physique”. L’une des raisons nous renvoie à l’accès à Internet (que nous avons abordé lorsque nous parlions de lignes de communication): soit pour des raisons de coût, d’aspect pratique ou d’«éducation».

Mais il y a aussi d’autres raisons motivant les démonstrations: certains enseignements ne peuvent pas être faits avec de simples mots ou dessins/images sur un sms ou un email (ou whatsapp ou messenger ou n’importe quelle forme de communication que nous avons de nos jours). Une raison peut être la maîtrise de la langue anglaise (des deux côtés) mais aussi la complexité de l’enseignement. Parfois, ce n’est qu’une complexité perçue, mais cela empêche d’apprendre/d’enseigner.

Il y a aussi le «problème» de l’environnement local: il n’y a pas de solution unique et universelle – ce que nous voulons enseigner ou démontrer doit donc être adapté aux conditions et aux cultures locales. Et nous ne pouvons pas nous adapter si nous ne connaissons pas exactement l’environnement actuel. Nous testons et essayons parfois une idée générale et l’adaptons en fonction des premiers résultats. Et cela n’est pas possible à 8’000 km de distance.

Quelques exemples de notre expérience mettent en évidence la demande/nécessité d’une présence face à face sur le terrain.

J’ai fait la première démonstration culinaire au Zimbabwe, suite à une demande lors de mon précédent séjour. Lorsque je l’ai fait, j’ai pris des photos de toutes les étapes, j’ai écrit les instructions et je les ai mises en ligne… mais avant même de partir, on m’a demandé de revenir et d’enseigner à d’autres groupes sur place… peu importe comment je peux donner ces recettes, il y a une demande pour une démonstration en face à face. La plupart des gens ne vont pas simplement suivre les instructions étape par étape sur internet.

Au cours de la même démonstration, c’est à cause du succès du Atchar de mangue que nous avons (j’ai) décidé d’essayer avec un autre ingrédient local (la sardine). Cela aurait pu échouer… mais cela a été un succès! Nous nous sommes adaptées à l’environnement local, ce à quoi nous n’aurions pas pensé si nous avions été ailleurs.

Quand je suis retournée en Tanzanie, ce n’était pas seulement pour amener les schémas du cuiseur: je pouvais les envoyer par email depuis n’importe où dans le monde (ils sont en fait disponibles en français sur Internet)… Je comprends les schémas, je pouvais expliquer ce qui était nécessaire, je pouvais faire une petite maquette pour aider avec le visuel, je pouvais me déplacer pour chercher un lieu de production et négocier les coûts… Je pouvais aussi aider à réparer le premier cuiseur… En même temps, j’ai aussi essayé d’enseigner à faire tout cela.

Rien de tout cela ne serait possible en étant assis dans un bureau à des milliers de kilomètres.

Mais alors, certains pourraient se demander pourquoi il y a ce besoin… nous avons quelques idées pour répondre à cette question et nous en parlerons dans les prochaines éditions.

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